18H15. CDN Montpellier, Théâtre de Grammont.

Conférence de R animé par L. On a 15 minutes de retard.

R aussi est en retard. Il fait une entrée remarquable.

Je renifle encore, ça va être l’enfer, je n’ai pas de mouchoir.

R entre, vite, il donne l’impression de vouloir nous faire un doigt d’honneur.

J’ai le sentiment qu’on regarde au-dessus de mon épaule. Ma sœur dit toujours « Ne lis pas au-dessus de mon épaule je déteste ça ».

– Je viens de me réveiller.

Ça explique le doigt d’honneur.

Joli bonnet perché sur le haut de son crâne, qui recouvre la fin de ce qui devait être une chevelure abondante.

Je renifle. Il fait chaud ici, les manteaux tombent. Ils bougent beaucoup sur leurs chaises. Merde je n’ai pas de mouchoir, avec la tête baissé sur mon ordi. Mauvais ménage.

La conférence commence. Chacun sur sa chaise. L et R prennent appui l’un sur l’autre. Français et Espagnol. Ça remue beaucoup. Leurs mains se tordent. Une chose se dessine entre les deux hommes.

Points communs :

Lunettes.
Barbe de trois jours.
Baskets noires.

La conférence est en place. Les gens écoutent sagement.

R rapproche sa chaise, il vient de se lever et semble chercher un soutien.

Concert de gens qui toussent.

Un peu à droite.

Plus à gauche.

Toux grasse ou toux sèche.

La chaleur monte encore. Les écharpes tombent aussi.

Leurs genoux sont presque face à face. Ils boivent leurs paroles respectives. R s’emballe.

Une femme au premier rang enregistre.

Toux grasse en haut à gauche.

Les mains des deux hommes sont étrangement proches de leurs pénis.

R tend sa jambe vers L. Maintenant il est complètement tourné vers lui.

L – Comment a évolué ton écriture ?

L se caresse le visage. R le remarque aussi.

Petit rire pincé.

R – Les acteurs sont la matière de mon travail.

R se caresse encore le visage.  En réponse L se grattent le bras puis se caresse le nez.

Les pulls tombent aussi. La chaleur ne s’arrête pas d’augmenter.

R semble apeuré derrière ses grandes lunettes. Il rapproche un peu sa chaise. Ses joues sont rouges.

La dame à ma gauche enlève son t-shirt gris.

Mon nez va couler. Je dois relever la tête. Il coince sa main entre ses cuisses. Il se caresse le visage à nouveau, puis replace sa main près de son pénis.

R – J’ai perdu la violence, la colère. Je suis content de ça.

Il plonge ses yeux dans les siens. Autre chose est en train de se dérouler. Une chose.

C’est foutu mon nez coule.

Ils échangent tous deux en espagnol. Comme si nous n’étions plus là. Ça doit être drôle.

L rit et pose sa main sur la jambe de R.

Joli geste.

Il croise les jambes.

Il se passe quelque chose.

Ça tousse en haut à droite.

Tous deux se caressent les cuisses.

Dans la salle les t-shirts tombent tandis que la tension monte.

Il rougit.

Ils se sourient.

Sa main sur la table glisse pour l’atteindre.

Les voix se chevauchent.

R – Je fais ça et j’aime ça sans vraiment savoir pourquoi.

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