Atelier avec Marion Aubert – écriture

09 oct. 2017 > 26 janv. 2018

// Master 1 & 2 //

Les deux promotions du Master Création Spectacle Vivant ont rencontré Marion Aubert (Cie Tire pas la Nappe) au tout début de l’année universitaire, et l’ont retrouvée lors de plusieurs séances réparties sur trois mois. Pour cet atelier d’écriture, les consignes sont simples : partir écrire dans la ville, prendre le temps chez soi de peaufiner son texte, et revenir le cours suivant avec le fruit de son travail pour le partager et le soumettre aux retours de tous, et aux conseils avisés de Marion. 

« Ce qui se passe chaque jour et qui revient chaque jour, le banal, le quotidien, l’évident, le commun, l’ordinaire, l’infra-ordinaire, le bruit de fond, l’habituel, comment en rendre compte, comment l’interroger, comment le décrire ? Interroger l’habituel. Mais justement, nous y sommes habitués. Nous ne l’interrogeons pas, il ne nous interroge pas, il ne semble pas faire de problème, nous le vivons sans y penser, comme s’il ne véhiculait ni question ni réponse, comme s’il n’était porteur d’aucune information. Ce n’est même plus du conditionnement, c’est de l’anesthésie. Nous dormons notre vie d’un sommeil sans rêves. Mais où est-elle, notre vie ? Où est notre corps ? Où est notre espace ? »

Georges Perec

« Le travail que Marion Aubert nous a proposé fait écho à un projet d’écriture qu’elle a traversé elle-même : celui de passer de l’infra-ordinaire à l’extra-ordinaire. Comment mettre en lumière l’infra-ordinaire ? Rendre compte par écrit de ce qu’on voit, faire de chaque détail du quotidien (une voiture rouge, une bière en terrasse, quelqu’un qui passe, …) un support d’écriture.

Suite aux « rendez-vous » que nous nous sommes donnés les uns aux autres un peu partout dans Montpellier, nous avons tous glané par-ci par-là des morceaux de vie pour en faire des textes, supports de travaux qui nous ont suivi le temps de notre stage avec Marion Aubert.

Ouvrir grand les yeux. Accepter le regard de l’autre, sa parole parfois. Redonner au détail le caractère unique auquel il n’accède plus car nous nous sommes habitué à sa présence. S’inventer des histoires sous le prisme d’un regard presque enfantin, s’émerveillant d’un rien, voyant le hublot d’une machine à laver comme un océan et le tramway comme un monstre qui l’avale. Elle est là, la richesse de la quotidienneté : elle nous donne à voir toutes sortes de choses, à nous de les mettre sur papier. »

Fannie Place, Master 1

>> Lire nos textes : « Portrait de ville à 25 voix »

>> Voir toutes les photos du stage

[EN BREF] Marion Aubert, comédienne et dramaturge

Marion Aubert est diplômée du Conservatoire de Montpellier la même année que Marion Guerrero et Capucine Ducastelle. En 1997, elles fondent la compagnie Tire pas la Nappe. Depuis 20 ans, la Compagnie travaille à la création et la promotion des écritures contemporaines et plus spécifiquement celle de Marion Aubert. Édités chez Actes Sud-Papiers, les textes de l’auteure sont traduits, pour certains, en plusieurs langues européennes et représentés sur les scènes internationales.

En 2013, la SACD lui décerne le prix Nouveau Talent Théâtre. La Compagnie est associée et accueillie par plusieurs scènes françaises, et Marion Aubert répond aux commandes de différents théâtres, metteurs en scène ou chorégraphes, parmi lesquels la Comédie Française, la Comédie de Valence, le Théâtre du Rond-Point, le CDR de Vire, le Théâtre Am Stram Gram de Genève, le Théâtre du Peuple de Bussang, Philippe Goudard, Guillaume Delaveau, Babette Masson, Matthieu Cruciani, Marion Levy… En 2016, elle est honorée Chevalière de l’Ordre des Arts et des Lettres. Depuis 2017, elle est artiste associée au Théâtre des Îlets CDN de Montluçon, dirigé par Carole Thibaut.