Atelier avec Paulo Duarte – marionnette et scénographie

11 > 24 oct. 2017

// MASTER 1 & 2 //

Les étudiants des deux promotions ont suivi un atelier donné par le marionnettiste Paulo Duarte (MECANIkA), en travaillant d’abord séparément pendant plusieurs jours, avant de fusionner leur travail pour une représentation publique.

ESPACE VIVANT – Master 2

« Pour les étudiants du Master 2, il s’agissait de créer une installation manipulable, mouvante, dans laquelle les créations des étudiants du Master 1 puissent prendre place et évoluer.

A la manière d’un polaroïd textuel tel que le définit Georges Didi-Hubermann dans la préface de Polaroïds de Marie Richeux, que signifierait un polaroïd scénique ? Voilà la question autour de laquelle les étudiants ont mis en oeuvre une installation éphémère, qui se détruit au fur et à mesure des pas des spectateurs et des actions des acteurs, et permet ainsi la création d’un espace irrégulier où les éléments qui composent la structure se transforment en objets abstraits mais bien solides.

Paulo Duarte propose dans son travail de manipuler et mettre en mouvement des matériaux qui s’éloignent apparemment de la marionnette traditionnelle, puisqu’il va les chercher du côté de l’art plastique : papier de soie, papier kraft, bâches en plastique, tissus… Ce rapport à la matière brute permet de renouveler la technique et la représentation qu’on peut avoir a priori de l’art de la marionnette.

Ainsi, le manipulateur navigue entre sujet et objet, manipulateur et manipulé, présence physique et présence invisible. Ici, la mise en question du corps de l’acteur et de sa place sur scène nous invite à repenser sa représentation et donc son action. »

Anaëlle Houdard, Master 2

JALOUSIE – Master 1

Pourquoi ne me regardent-ils pas ? Ne suis-je pas assez désirable ? Pourquoi ce collègue a été promu et pas moi ? Pourquoi ne suis-je pas le roi d’Espagne ?!

« La peur de l’autre, la peur de son regard, la méconnaissance et le manque de confiance en lui-même peuvent pousser un individu à se remettre en question et à envier son entourage. C’est la jalousie. Jusqu’où peut-elle aller ? La jalousie à petite dose peut être bénigne, mais lorsqu’elle occupe entièrement l’esprit d’un individu, elle le torture, peut devenir une pathologie et le rendre paranoïaque. Elle peut être intime lorsqu’elle concerne l’entourage direct d’une personne, mais elle peut aussi être sociale et prendre une dimension politique lorsqu’elle se projette sur un groupe, une classe. Le moteur est-il le même ? Il s’agit de peur, de comparaison, de quoi d’autre ?

Un premier travail de table fut donc nécessaire aux étudiants de Master 1 afin de questionner les enjeux de la jalousie et de réfléchir à la façon dont elle peut être ressentie par  des regards, de la lumière et des métaphores en animant différentes matières…

Puis côté pratique, le stage a débuté par une initiation à la manipulation marionnettique à travers des exercices a priori simples, avec des objets du quotidien, qui demandaient patience, légèreté et imagination. Comme, par exemple, le fait de chercher le point fixe en tenant un manche en bois par une légère pression du pouce et de l’index, à 5 centimètres au dessus du sol, et de bouger autour tandis que le bâton reste immobile. Des échauffements se sont succédé les premiers jours : par binôme, pour mieux visualiser les articulations, à l’aveugle et en écoute pour tester nos réactions ; puis des premières improvisations groupées ou individuelles selon nos projets et discussions.

Chaque jour, nous faisions la découverte d’une nouvelle matière à manipuler et de nouvelles impros avec les retours de la veille, jusqu’au jour précédant la présentation de travaux, où nous avons lié l’univers crée par les Master 2 et les scénettes proposées par les Master 1, de sorte à proposer une ambiance commune et une vision d’ensemble par un enchevêtrement de performances et propositions. »

Iona Borg, Master 1

[EN BREF] Paulo Duarte, marionnettiste :

Paulo Duarte est diplômé en peinture aux Beaux-Arts de Porto (Portugal) 1989/94. Son intérêt pour le spectacle vivant l’amène à suivre en France des études à l’École Supérieure des Arts de la Marionnette de Charleville-Mézières (mention spéciale du jury pour la conception et réalisation plastique) de 1996 à 1999.

À la sortie, il fonde avec David Girondin Moab la compagnie PSEUDONYMO qu’il codirige jusqu’en 2006. Depuis, il développe un travail tourné vers le théâtre et les autres langages artistiques.

De 2007 a 2011, il intègre Là Où – marionnette contemporaine installé à Rennes, dont il a la co-direction artistique aux côtés de Renaud Herblin et Julika Mayer.

>> Voir l’article sur la présentation du 24 octobre 2017